CHAPITRE 3
Le blond plongea son regard dans les yeux du brun. Ce dernier déglutis. Ce regard. Profond, cherchant une réponse, un espoir, ... un sentiment... Il l'avait déjà vu. Ce regard qui l'avait déjà brisé auparavant...
Elle se tenait là, debout, près du lit, nue. Ses bras cachant pudiquement son corps pure. Ses cheveux retombant avec une souplesse sans pareille sur ses épaules. Elle savait pourquoi elle était là. Elle savait que c'était le bon moment. Mais lui en avait décidé autrement. Il savait qu'elle le regretterait. Il ne pouvait pas lui offrir ce qu'elle voulait. Il le savait... Au fond peut-être l'avait-elle également su. Mais elle avait préféré ne pas se poser de questions.
Alors elle le regardait. Son regard avait quelque chose d'encore inconnu pour le brun.
Les grands yeux noirs de la jeune fille étaient plantés dans les siens, cherchant désespérément une chose qu'elle n'aurait su nommer. Une chose qui lui signifierait qu'elle ne s'était pas trompé.
Mais elle ne la trouva pas.
“
Youhouuuu, s'impatienta le blond en faisant passer ses mains devant les yeux vides de son double.
-
Hein?? Oh pardon! Bon écoute, tu veux pas lire? Okay. Mais alors m'emmerde plus avec ça. Versuch nicht zu verstehen warum es nicht mehr geht*(1). Bitte.-...-Tom?-
Ich kann es nicht*(2). J'suis ton frère. Je t'aime plus que tout, tu le sais. Je veux t'aider. Si tu pleures, je pleure. Si tu souris, je souris. Ça marche comme ça et j'veux pas que ça change. Wenn du springst, dann spring ich auch*(3)... Tu t'en souviens?”
Le brun afficha un timide sourire emplis de nostalgie. “
Wenn du springst, dann spring ich auch!”. S'ils trouvaient une définition pour traduire leur relation, c'était bien celle-ci...
“
Wenn du springst, dann spring ich auch, répéta-t-il sur un ton rêveur.
-Parfait! s'exclama le blond satisfait.
Alors maintenant tu vas poser tes fesses ici, j'vais nous préparer un bon chocolat chaud et tu vas me raconter tout ça.”
[Quelques mois plus tôt...]
“Wir wollen Tokio Hotel!” était le mot d'ordre de cette belle journée ensoleillée qu'offrait le centre de Berlin, devant l'un des hôtels les plus luxueux de la capitale. Une marrée humaine de jeunes filles scandait le nom de leurs idoles. Elles criaient toutes plus fort les unes que les autres, dans l'espoir d'un regard. Oui, elles criaient pour qu'on leur accorde, ne serait-ce qu'un regard. Un moment d'une durée inférieur à un quart de seconde. Les gens rêvent d'ordinaire de richesse, de santé, d'amour... Mais pas elles. Ces jeunes filles rêvaient d'un seul et unique regard de ceux qu'elles admiraient, sachant pertinemment qu'ils les oublierait la seconde d'après. Mais elles s'en fichaient. Elles voulaient être leur centre d'intérêt, même si cela ne devait durer qu'une seconde tout au plus.
Les cris devinrent soudainement plus forts. Plus puissants. L'euphorie était à son apogée : le groupe arrivait.
En effet, des gardes du corps, en plus de ceux qui se tenaient déjà devant les portes d'entrées de l'hôtels, sortirent, serrant de très près les quatre jeunes garçons contre leurs torses bombés.
Des stylos, des feuilles, des peluches, des roses... On leur tendait toutes sortes d'objets. Mais ils n'avaient pas le temps de voir tout le monde. Alors ils signaient à l'aveuglette et prenaient les cadeaux qu'on leur faisait, tentant de remercier l'inconnue qui avait la chance de s'approcher suffisamment pour le leur remettre.
Finalement, cette petite séance de dédicade improvisée ne dura pas plus de vingt minutes. Le groupe retourna dans l'enceinte de l'hôtel, laissant derrière eux des filles au septième ciel...
“
Putain! S'exclama le guitariste en se laissant tomber sur un des fauteuils du bar de l'hôtel.
Quand j'pense qu'on devait passer ici dans le secret le plus total.-
J'ai pourtant tout vérifité, s'indigna le manger.
Personne ne devait savoir. Mais il y a toujours des fuites... Tsss-
T'inquiète pas, David, ça fait toujours plaisir, dit le chanteur.
-
J'suis d'accord avec Bill, renchérit le batteur.
-
Moi j'pense qu'on aurait pu sortir en fin d'après-midi. J'vous signal juste que j'faisais une sieste, ajouta amèrement le bassiste.”
Personne ne daigna répondre à la remarque de Georg et tous commandèrent des boissons fraiches, dans l'espoir de se rafraichir... un peu.
“
Bon, j'crois que j'vais aller faire un saut à la piscine après, déclara le brun en avalant la dernière gorgée de son Ice Tea.
-
J'viens avec toi, dis Gustav.
Ça m'fera du bien. Il fait tellement chaud...-
Ben moi j'vais aller rattraper mon sommeil!!-
Moi j'crois que j'vais faire un tour au SPA, c'est gratos! laissa échapper le dreadeux dans un rot relativement bruyant et peu discret dans un tel endroit.
-
Tom!! s'indigna le manager.
Bon alors je vous laisse les garçons et on se voit ce soir. Cette après-midi j'vous fiche la paix!-
Ça roule!”
.:.
Bill et Gustav se maudirent tous deux intérieurement de ne pas avoir mis leurs tongues. Le sol était brûlant. Finalement, ils ne firent pas les difficiles, et s'installèrent sur les deux prermières chaises longues libres qu'ils trouvèrent.
“
J'vais faire un saut, tu viens? Demanda le batteur.
-
Non, pas maintenant.-
Ben commande-moi un truc à boire alors, dit Gustav avec un large sourire avant de plonger son corps dans l'eau bleu de la piscine.”
Le brun sortit une cigarette de son paquet et l'alluma.
“
Ben voyons.Soupira-t-il en allumant ladite cigarette.”
Il tira plusieurs fois sur le petit morceau de papier roulé qu'il tenait entre ses doigts avant qu'une ombre imposante ne vienne se poster devant lui.
“
Excusez-moi, monsieur, mais il est interdit de fumer ici.-
Euh.. Ah. Excusez-moi, alors.”
Le chanteur éteignis malgrè lui l'objet de ses vices et regarda le serveur partir avant de pester intérieurement contre les “règlements intérieurs à la con!”. Ça faisait des jours qu'il n'avait pas pu fumer en paix...
Il décida finalement de s'allonger et de se reposer. Il ferma doucement les yeux et se détendis. Il laissa la chaleur des rayons du soleil pénétrer sa peau. Il aimait cette sensation de brûlures... De douce brûlure. Il l'a trouvé même presque exitante. Oui! Exitante! C'était terriblement exitant.
.:.
Le soleil commençait à se faire moins fort. Moins chaud. Il se couchait doucement... et le chanteur dormait toujours.
“
Bill?? Biiil!!”
L'intéréssé ne réagis pas immédiatement. C'est lorsqu'il se sentit brusquement léger, flottant, comme s'il volait au dessus des nuages sans pouvoir respirer correctement, qu'il paniqua et ouvris les yeux. Il se trouvait sous l'eau et trouva en lui une force qu'il n'aurait jamais soupçonné pour s'extirper de là au plus vite.
“
Putain! Mais t'es complètement barge! S'énerva-t-il en reprenant nerveusement son souffle, les coudes appuyés sur le bord de la piscine.
-
M'en veux pas, j'avais envie de te voir avec une tête de rat mouillé. Tu sais que t'es trop sex, comme ça? On devrait faire des séances photos comme ça.-
Et tu t'es pas dis que j'aurais pu mourir par hydrocution?? demanda-t-il en sortant péniblement ses 5o kg sur la terre ferme.
-
Euh... Non, j'y avais pas vraiment pensé... Bon allez, dépêche. Gus' est déjà en haut depuis une heure. On t'a laissé roupiller, mais j'te rappelle qu'on doit être à la soirée à vingt-heure. Et je sais qu'il te faut toujours dix plombs pour te préparer.-
Tom?-
Hum?-
Ta gueule!-Pfft! Si tes fans savaient à quel point t'es insupportable par moment, j'crois pas qu'elles mouilleraient autant leur petites culottes de vierges en te voyant.-
Grossier personnage, va!-
Allez, chéri, tarde pas trop pour te sécher. Sinon on se fera encore remarqué en arrivant avec deux heures de retard, plaisanta-il en retournant à l'intérieur de l'établissement.”
Le brun ne releva pas la remarque de son jumeau et s'étendis encore quelques instant sur sa serviette. Il essora ses cheveux et passa ses mains entre ses mèches pour tenter de leur redonner un peu de volume. Mais en vain. Il détestait avoir l'air d'un “rat mouillé”. Et ses cheveux lisses, applatis tel de la sauce sur sa tête ne lui arrangeaient pas réellement ses affaires.
Après une brève petite séance de séchage, le brun se leva doucement et s'étira. Il pris sa serviette, l'enroula et la tint entre son bras et ses côtes, avant de succéder aux pas de son frère, vingt petites minutes auparavant.
Histoire de ne pas avoir l'air trop décalé (et pour surtout, ne pas nuir à l'image du groupe de pop-rock sans histoire), il préféra remonter dans sa chambre par les escaliers de service. En effet, attendre l'ascenseur pied nu et en short de bain dans un luxueux hall d'entrée, il était évident que ça ne passerait pas trop auprès de la prod.
Il ne lui restait plus qu'un étage. Mais il était déja essouflé. Finalement, l'option de l'ascenseur ne l'aurait nullement déplu, même si pour cela il aurait dû attendre vêtu comme le dernier des crétins au beau milieux de la jet-set essentiellement germanique.
Il fini par s'asseoire sur une marche, le temps de reprendre des forces. Cela demandait beaucoup d'effort, de monter sept étages à pied...
Soudainement, une porte claqua à l'étage inférieur. Surpris de ne rien entendre d'autre, comme des voix ou des bruits de pas, le jeune homme se risqua de jeter un coup d'oeil par dessus la rambarde. Toutefois, il ne vit rien. Comme s'il avait rêvé ce bruit.
Doucement, discrètement, il se rassit, mais là, un bruit nouveau attira son attention. Un gémissement. Pas un gémissement de plaisir, non. Un gémissement de douleur, une plainte. Faible, certes. Mais une plainte malgrè tout.
Doucement, il se releva et se pencha une nouvelle fois au dessus de la main courante. Il voulait voir. “Les hommes sont curieux par nature” pensa-t-il pour se donner bonne conscience. Au fond, il avait peur de voir quelque chose qu'il ne devrait pas voir. Même s'il savait que ce genre d'histoires n'arrivaient que dans les polars qui défilent sur 13e Rue.
Il se pencha donc et apperçu une main. Une se tenait fermement à la rambarde. Les veines de cette fine main doré par le soleil resortaient sans aucune difficulté, tant elle était accrochée avec fermeté. Il se risqua à se pencher encore un petit plus. Peut-être verrait-il un visage... Mais il s'arrêta net lorsque deux grands yeux noirs rencontrèrent subitement les siens.
*(1) : N'essaie pas de comprendre pourquoi ça ne va plus.
*(2) : J'peux pas.
*(3) : Si tu sautes, je saute aussi.To be continued, les filles !
Franchement, je ne sais pas comment m'excuser et surtout, me faire pardonner.
D'autant que ce chapitre n'est pas forcément ce à quoi vous vous attendiez.... J'avais envie d'écrire avec un peu plus de "légerté" pour ce chapitre là. Evidemment, c'est pas top.
Et j'peux même pas vous promettre de me rattraper pour le prochain chapitre, parce que je tiens jamais mes promesses ... ><
Sinon, laissez-moi tout de même votre avis à vous!
Il y a également un deuxième OS posté sur os-geht-weiter pour celles que ça intéressent. (Si vous voulez commenter ces os, se sera par "message" ou sur ce blog-ci ^^)
Bon eh bien, voilà !
J'vais pas m'éterniser.
Et si vous voulez savoir, le chapitre 4 est déjà bien entammé ;) (on sait jamais lol)
Bisous. Et encore merci aux fidèles ^^<3